
Cela faisait très longtemps que je n'étais pas parti sur les routes, car des heureux evènements avait faits
leurs apparitions ces derniers mois voir années (voir le
petit article sur le sujet
sur cette pause). Mais me re voila donc en selle pour une virée hvernale, et
le mot n'est pas faible, direction l'Est de la France, le sud de l'Alsace (le Sundgau pour les connaisseurs !).
Et oui, quelle drôle d'idée de partir en plein mois de Décembre dans cette direction et en plus alors qu'une alerte
aux chutes de neige a été lancée pour cette fin de semaine.
L'envie de rouler, de se changer les idées et le parfum de l'aventure sont trop forts.
| Mon bon vieux BMW R1200GS de 2005 devrait avaler sans trop de problème les difficultés de cette virée, c'est une moto taillée à l'origine pour tout affronter. Elle est toujours vaillante malgrès les 93000km qu'elle totalise, mais ce n'est pas grand chose pour une BMW. Un nouveau train de pneu tout frais monté de la veille va remplacer les anciennes savonnettes usées jusqu'à la corde (Michelin Pilot Road 2). Place donc à des pneux mixtes, plus adaptés aux conditions et surface précaires que les pneus routes classiques. Mon choix est allée vers les Dunlop TR91, nouveau fer de lance de la marque en pneu trail. Je dois avoué que j'ai été bluffé par leur efficacité, vraiment très bien, il faut juste s'habituer au début à leur prise d'angle naturelle, mais c'est une agréable surprise. |
Donc départ, non plus de la région du Mans, mais déménagement oblige, depuis la région parisienne en milieu de journée.
Le matin une couche de neige de 1 à 2 cm couvrait déjà le coin, mais tout est presque dégagé losrque je prend la route.
Qui dit neige fondue, dit énormement d'eau sur la route, l'etanchéité de ma tenue va vite être mise à l'épreuve et le
résultat est plutot bon. Je prend donc la direction de l'A5, direction l'Est de la France. Le temp est assez humide
et devient carrement excécrable du coté de Chaumont. Le ciel est noir, la pluie mêlée de neige devient très fortes,
je me fait lessiver par les camions et le froid commence à se faire bien sentir. Je sort de l'autoroute faire le plein d'essence, la pause est
la bienvenue, je me rechauffe dans la station service pendant un gros quart d'heure. Dès que je ressort, le temps s'est
nettement amélioré, la grosse averse a disparue, et le ciel s'est légerement éclairci. Je repars donc sur l'A5.
Peu de temps après je quitte cet axe pour prendre la Nationale 19 direction Langres,le temps redevient pluvieux,
mais rien de méchant. Cela se calme à nouveau juste après Langres. Le ciel est toujours bouché, blanc gris, mais la
lumière devient magique alors que le soleil se couche derriere ce ciel chargé: Le ciel ressemble à une
feuille blanche de papier avec l'impression qu'une lampe diffuse de la lumière à travers. Dans les forets, la neige et les
arbres semblent être leur propre source de lumiere, cela donne une vision surréaliste de ces forets. Vraiment très beau !
La nuit est donc tombée, me voila à naviguer dans le noir sous un ciel calme entre Langres et Vesoul, au milieu de nulle part.
Sensation encore renforcée par l'absence quasi complète de traffic sur la nationale.
Je finis par dépasser Vesoul et c'est parti pour le dernier troncon de nationale, direction Belfort.
A peine 5-6 kilomètres après Vesoul la neige se mets à tomber, mais cette fois ci cela ne fait plus "semblant".
Elle colle sur la route qui commence à se recouvrir lentement mais surement. Et c'est pareil pour la bulle de la moto,
mais aussi pour le casque. Le vent de face rabat la neige presque à l'horizontale. Je reduit largement la vitesse à 40km/h maxi,
et je dois rouler visière ouverte. Je n'arrive presque plus à distinguer la route de la neige qui tombe, tout est
blanc devant moi et presque impossible de garder les yeux ouverts avec tout les flocons qui rentrent dans le casque. Que faire,
continuer tant bien que mal, ou bien s'arreter? Lorsque je regarde le coté de la route et le peu de routes secondaires que je croise,
il y a déjà une couche de 3 cm de neige, ce qui veut dire que si je m'arrete, je ne pourrais plus repartir.
Il me faut donc continuer. Je finis finalement par m'arreter dans un village (Amblans, cela ne s'invente pas !) qui s'étire sur la nationale, tout
au plus une dizaine de maisons, cela devient trop perilleux, l'arrière de la moto est en constante limite
d'adhérence. Je me réfugie dans l'épicerie/boulangerie, déserte, pour me rechauffer et passer un coup de fil. J'ai
bien du mal a controller mes tremblements, je suis frigorifié et trempé. La propriétaire est assez surprise de ma présence.
Elle me dit que ce matin la nationale était bloquée jusqu'à midi à cause de poids lourd en travers. D'après elle la route
vers Belfort ne doit plus être praticable ce soir. Elle m'invite à me rechauffer auprès de son poile. Elle et son
mari m'offre un thé et un pain au chocolat, cela fait sacrément du bien. Nous discutons une bonne demi heure et je
décide de reprendre la route et de pousser sur leur conseil jusqu'à Lure, soit environ 6km plus loin et peut être de m'y arrêter pour
la nuit, ou bien de continuer jusqu'à Belfort. Dehors la neige s'est bien calmée et le passage des voitures
a en partie dégagé la route. J'empreinte le balai de la boulangère pour dégager la moto et la neige. Je me re-équipe et me revoila
reparti prudement. La route est encore bien glissante, mais j'arrive sans trop de problème à Lure, en suivant les
camions. Je finis par décider de pousser jusqu'à Belfort, normalement les 25 prochains kilomètres sont en 2x2 voies donc certainement plus praticables.
Je continue de suivre les poids lourds, sous de legères averses de neige. Je ne quitte pas leur sillage, seule portion de la route que je peux pratiquer car le reste est sous la
neige tassée donc extremement glissante.
J'ai l'impression de conduire dans un tunnel, dans l'obscurité, entierement concentré sur ma vitesse (très réduite) et
sur ma trajectoire. Après un temps qui me parait très long, j'arrive à Belfort, miracle !
Le contournement de Belfort se passe sans problème et je finis par trouver le début de la departementale qui me mènera à destination, direction Altkirch,
capitale du sud de l'Alsace (Sundgau pour les initiés !). Par contre la route n'est pas du tout dégagée et il y a peu de traffic, ce qui signifie
que l'adhérence va être assez aléatoire. Les passages les plus critiques seront les sous bois, les nombreux enchainements de virages dans les villages
et les intersections ou les quelques véhicules ont laissés un peu plus de neige sur les croisements. Mon allure est plus que limitée, entre 20km/h et 40km/h,
il faut caresser la poignée de gaz et effleurer à peine les freins et tenter de garder au mieux l'équilibre.
Lors de la traversée de l'avant dernier village, je finis même par pousser la moto à pied car dans le centre du village la neige est trop tassée et
extrement glissante, je manque d'ailleurs de tomber.
Finalement j'arrive au bout des derniers 25km assez éprouvé, heureux d'arriver et d'y être arrivé.
La neige recommence à tomber et la nuit se fait plus sombre encore. Je prends juste le temps de démonter la batterie et de la rentrer
au chaud afin de ne pas avoir de mauvaises surprises au moment du redemarrage.
Je n'ai meme pas vraiment senti le froid car trop concentré sur la route, mais en enlevant mon équipement je me rend compte que je suis
complètement trempé et heureusement l'approche multicouche a été efficace et étanche. Même la mousse du casque est imbibée d'eau à cause
des flocons qui rentraient dedans.
Un bon repas et une bonne nuit de sommeil vont être réparateurs.
Au réveil la couche de neige a pris 5cm de plus, il y a par endroits presque 10cm maintenant. La route n'est pas du tout dégagée et est donc devenue impraticable à moto, donc je ne vais pas insister pour aujourd'hui, ce sera ballade à pied dans la neige et repos.
La route a finalement été dégagée à la tombée de la nuit précedente et les températures ont bien chutées, sous les -5°. Le ciel est toujours chargé et
de nouvelles averses de neige sont annoncées dans l'après midi. Je décide donc de partir en début d'après midi avant d'être bloqué.
Je remonte la batterie, dégivre et dégage la moto de la neige et tout redémarre au quart de tour (BMW, unstoppable !).
Je laisse le moteur monter en chauffe tranquillement. cela me donne le temps de me reéquiper de la tête aux pieds.
Au moment du départ, un vent glacial souffle. Je roule très prudement sur les 30 premiers kilomètres pour rejoindre Belfort. Même si tout semble dégagé,
il reste quelques traces de neige et la route et l'air sont particulierement froids.
Le temps devient même agréable entre Belfort et Vesoul, les paysages prenant une autre dimension sous la lumière du jour et avec le manteau de neige
qui recouvre tout. Je revois le fameux village ou je m'étais arrêter à l'aller.
Entre Vesoul et Langres quelques flocons refont leur apparition, mais rien de méchant.
Je retrouve l'autoroute du coté de Chaumont, la nuit est déjà tombée et la pluie s'intensifie ains que le vent qui devient très fort.
Heureusement cela ne dure pas longtemps. Le reste de la route est un retour classique, un retour vers de conditions de roulage plus normale.
Une petite escapade dans l'Est de la France qui m a permis de m'aérer, de renouer avec la route et l'esprit du voyage, la nouveauté
de la neige et de tester ce qu'il en est réellement. Sur ce point je dois avouer que j'ai finalement eu pas mal
de chance (mais iln e faut pas non plus la forcée dans ces conditions précaires mais plutot se montrer doublement prudent)
et il faut aussi reconnaitre que le GS se comporte impecablement quelque soit l'adhérence. Alors partant pour les éléphants ? ;)
Remarques concernant les photos: Elles sont peu nombreuses car les conditions météos n'étaient pas vraiment favorables et j'ai principalement voyagé la nuit.
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